
Tous les McEwan ne se valent pas... - Amsterdam est un roman si tiède que l on a bien du mal à imaginer qu il ait été écrit par le maître du macabre et du suspense. Les 40 premières pages sont un exemple parfait d inaction et de lourdeur. On s ennuie très franchement. Sans le nom de McEwan en couverture, ce livre aurait fini abandonné dans un coin.Malheureusement, la persévérance n a pas payé. L intrigue devient quelque peu plus intéressante quand les ambitions des personnages se dévoilent. Cependant, ni le style ni les vagues ébauches de portraits psychologiques ne parviennent à sauver l histoire.La fin elle-même est une absurdité. Grotesque et si évidente que le tragique prend des tournures comiques.
Symphonie achevée! - “Amsterdam” est trempé “british” … où rien, ni situations, ni personnages, ne peuvent exister simplement. Tout y est compliqué, forgé de sous-entendus, aspergé à l’eau des faux-fuyant, des circonvolutions, et des non-dits. Mais bien mieux que les ex-amants de Molly Lane, le compositeur Clive Linley, le directeur de rédaction Vernon Halliday, et Julian Garmony, ministre des Affaires étrangères, l’auteur manipule avec brio ces entrelacs de trahisons et de viols répétés des valeurs morales qui façonnent son intrigue. S’inspirant en contre-alto de la profession de Clive Linley, le musicien, l’anglais McEwan nous délivre une histoire de vengeance bâtie selon les fondations d’une symphonie, avec ses mouvements tantôt lents, tantôt rapides, ses évasions dans des harmonies parallèles, ce pour mieux revenir à la mélodie de base. Mélodie qui plus est, marque des grands compositeurs (et écrivains), se résume à quelques notes seulement, enivrantes et obsédantes: haine, amour, amitié … Il en résulte un grand roman à lire, justement couronné par le Booker Price 1998!